du sable, des vautours

Encore des rêves terribles, des rêves moches — surtout celui où tu étais en sable, où je te voyais impuissant disparaître dans la mer, après-quoi nous nous retrouvions comme par miracle mais alors c’est le vent qui t’effaçait peu à peu, tu ne semblais pas t’en effrayer. Enfin, nous échangions un long baiser dans le noir d’une salle de cinéma. Des clichés, de la tristesse, puis le soleil ce matin, frappant fort.
À une terrasse, ces lignes d’André Dhôtel :

Ce n’est pas raisonnable. Il est question d’un problème social et je pense aux gypaètes. On parle du déclin de la moralité, des mille agonies du roman, et je pense aux gypaètes.
Ceux de Delphes très purs et nombreux. Leurs vols énormes se croisent du fond des gorges jusqu’aux cimes brûlantes du roc.
Au-dessus du temple d’Apollon de petits oiseaux chantent dans les arbustes et dans l’herbe. Sur l’un d’eux fond un gypaète. Silence total. On peut croire que les mouches elles-mêmes n’osent plus bourdonner. La grande peur ne pourra que s’éloigner sans jamais être oubliée, jamais. Or très souvent les oiseaux chantent de nouveau à plein gosier. Il leur faut avant tout parachever les fioritures en suspens. Au ciel de donner à cette reprise éperdue le sens qui convient.

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